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Congrès SNESUP-FSU Créteil 2005 du 6-7-8 avril 2005
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Le congrès du SNESUP considère, avec la FSU, « que la construction d'une Europe tournée vers la paix, le progrès social et les aspirations démocratiques des peuples est un projet émancipateur qui mobilise beaucoup d'espoirs. Face à la mondialisation libérale et à la puissance des firmes transnationales, elle peut être un point d'appui pour aller vers un monde plus juste »1. Il réaffirme notamment l'engagement de notre syndicat en faveur :
A l'opposé, le projet de constitution européenne - qui concerne pleinement
le champ d'intervention syndical par son contenu et ses objectifs - confirme
et renforce la fuite en avant libérale de la politique actuelle de l'Union européenne.
Il s'oppose à l'application de mesures en rupture avec le néolibéralisme que
voudrait prendre tout gouvernement d'un des Etats membres. Le dogme de la primauté
du marché et de la " concurrence libre et non faussée ", répété tout le long
du texte constitutionnel, est le fil conducteur de ce projet dont les conséquences
économiques et sociales s'imposent à tous les pays membres. Ainsi les choix
propres de chaque pays, et ceux de l'Union, y sont drastiquement limités, le
dumping social et fiscal y est favorisé, et le projet de marchandisation de
l'AGCS (OMC) y a sa mise en oeuvre facilitée, dont dans les secteurs de l'éducation,
de la santé, des services sociaux et de la culture. Quant aux services publics
ils n'apparaissent même pas dans le texte : leur existence n'est pas reconnue
dans le projet constitutionnel !
Les SIEG (Services d'intérêt économique général) y sont strictement encadrés
par le principe de la concurrence. Dans le domaine de la recherche, la logique
des " programmes spécifiques " et l'accent mis sur la compétitivité des entreprises
rappellent singulièrement les considérants et la logique du projet LOPRI, et
de la loi d'orientation scolaire, du Ministre Fillon.
C'est pourquoi le Congrès du SNESUP appelle solennellement au rejet du TCE, et au vote NON au référendum du 29 mai 2005.
Le SNESUP poursuivra le travail d'information et de débat, dans un esprit d'ouverture
et d'échange, dans le respect de l'opinion et des convictions de chacun, auprès
des syndiqués et des collègues.
Il appelle chacun de ceux-ci à s'exprimer, lors du référendum, sur cette question
d'importance dont l'enjeu n'est rien de moins que le choix de l'Europe que nous
voulons.
A partir de sa problématique syndicale et de ses analyses, et en totale indépendance, le SNESUP participera aux initiatives pour le " NON " qui iront dans le sens d'une Europe plus démocratique, plus sociale et plus juste.
Le SNESUP souhaite que la FSU1 prenne position dans le même sens.
Le congrès souligne que l'adoption du projet de traité constitutionnel ouvrirait la voie à l'aggravation de la politique libérale du gouvernement et de celle de la commission européenne. A l'opposé, la victoire du " non " favoriserait, en Europe, l'ouverture d'un débat approfondi sur la construction d'une Europe démocratique, sociale et solidaire dont les européens et le reste du monde ont besoin. Débat dont la dynamique et la porté effective se nourriraient du développement du mouvement social. Cette victoire du non ouvrirait, en France et en Europe, des perspectives porteuses d'espoir et de développement du mouvement syndical, du mouvement social.
1Texte Europe,
cdfn, fsu, 24 janvier 2005 : La FSU a affirmé "son profond désaccord
avec le projet de constitution qu'elle condamne", sans toutefois appeler
à voter "NON".