Motion du Conseil d'administration de l'Université de Strasbourg,
(motion adoptée à l'unanimité le 6 octobre 2015)
Le Conseil d'administration de l'Université de Strasbourg réuni le 6 octobre 2015 tient à manifester sa plus vive inquiétude à l'occasion de cette rentrée universitaire. Il fait le constat que les dotations d'Etat à notre établissement ne permettent plus de faire face à l'augmentation du nombre d'étudiants - +2% cette année et +14% depuis 2009, près de 9% pour les néo bacheliers depuis 2009, et 5,5% cette année - et à toutes les contraintes qui en découlent, en termes de masse salariale et de crédits de fonctionnement, mais aussi en termes de contingentement en 1ère année de licence dans de plus en plus de composantes.
Après plusieurs années de gestion financière très tendue dans toutes les universités et des plans d'économies sévères, la relance urgente des dépenses de fonctionnement et des investissements ne pourra se faire dans le cadre actuel du Projet de loi de finances 2016. L'augmentation de 165 M€, annulant le prélèvement dans les fonds de roulement et garantissant les 1000 emplois supplémentaires, ne permet même pas de compenser l'accroissement des charges des établissements. Pour les organismes de recherche, la stabilité de leur dotation ne permettra même pas le maintien des recrutements au niveau de l'an dernier.
Alors que notre université doit accueillir plus de 47 000 étudiants et qu'elle mène une recherche de niveau international, ses moyens stagnent d'année en année au lieu d'évoluer en proportion des missions qui lui sont confiées et de ses ambitions. Les enseignants-chercheurs et personnels ne peuvent se résoudre à brader des formations et une recherche qui ont permis à l'Université de Strasbourg de figurer parmi les meilleures universités européennes.
Nous refusons que notre jeunesse soit ainsi sacrifiée par manque de moyens. Si l'Université de Strasbourg entend assumer sa responsabilité sociale d'élever le niveau de qualification des étudiants, elle ne saurait le faire au détriment de la démocratisation de l'enseignement supérieur et de la qualité de ses diplômes.
Rappelant une nouvelle fois l'engagement du Président de la République de faire de l'Enseignement supérieur et de la Recherche une priorité nationale, le Conseil d'administration de l'Université de Strasbourg demande au gouvernement de prendre les mesures budgétaires nécessaires au bon fonctionnement de notre université et plus généralement du Service public de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
La Nation, à commencer par le sommet de l'État et la représentation nationale, sait que l'enseignement supérieur et la recherche ne sont pas une dépense, mais un investissement. C'est même l'investissement le plus important pour l'avenir. Les députés doivent donc impérativement reconsidérer les choix budgétaires pour 2016. En l'état, ils compromettent nos missions fondamentales d'enseignement et de recherche au service du pays tout entier.
Motion du Conseil d'administration de l'Université de Strasbourg,
Publié le : 08/10/2015