à
le 28 juin 2012
Vous avez adressé le 26 juin dernier une lettre à tous les personnels, cadrant le principe de votre action à venir pour l'école de la République.
Le Président François Hollande a affirmé que son quinquennat serait celui d'une plus grande justice sociale et de la jeunesse. Nous souscrivons aussi à son projet d'école pour tous, qui donne une chance à chacun et nous souhaitons participer au débat sur la définition des termes fondamentaux de la formation des personnels enseignants et d'éducation, et vous faire connaître notre souhait quant à la définition de la future Ecole Supérieure du Professorat et de l'Education.
Nous nous réjouissons du retour de l'idée qu'enseigner est un métier qui s'apprend.
L’État a pour mission d'employer des enseignants et aussi de les former. Les services qui gèrent ces différents aspects doivent pouvoir avoir un lieu de rencontre et de travail en commun afin d'assurer le continuum entre formation initiale et formation continuée. L'ESPE doit pouvoir faire intervenir des formateurs permanents 1er et 2nd degrés, universitaires, des formateurs associés, enseignants ayant des classes en charge, personnels d'encadrement : inspecteurs et chefs d'établissements.
Former à un haut niveau de compétences et de diplôme exige une valorisation des savoirs disciplinaires et didactiques, faisant intervenir des chercheurs et des enseignants universitaires, issus des corps du supérieur, du second et du premier degré.
Vous le rappelez. Des stages doivent être proposés à tous les futurs enseignants.
Les moments de retour sur la pratique sont nécessaires tout au long de la carrière, l'anticipation des changements sociaux, scolaires et le contact avec la recherche récente doivent être favorisés. Cela nécessite que la formation continue puisse être en partie faite dans le lieu où sont réunis tous les
L’École Supérieure perdrait à être trop centralisée. Les contraintes de formation locales, notamment pour les professeurs des écoles, ne peuvent être bien prises en compte que localement. Son implantation doit être assurée dans les départements pour permettre une formation contextualisée. L'ESPE doit être affirmée comme le seul opérateur de formation, initiale et continue
Cette définition du périmètre de la future Ecole Supérieure doit s'accompagner pour être efficace, d'une réflexion sur le recrutement des futurs enseignants et personnels. Quelle mixité sociale dans le corps enseignant ou d'éducation ? Quelles aides pour les étudiants défavorisés souhaitant enseigner ? Quelles procédures de recrutement et de financement des années d'études ?
Cette dernière question doit être parfaitement réfléchie, car les épreuves du futur concours définiront en partie les contenus des futurs masters, et surtout contribueront à définir le profil des enseignants de demain. Quel est le référentiel de compétences qui leur sera demandé ? Lequel devra être appliqué dans les formations en ESPE ?
Toutes ces questions sont déterminantes pour l'avenir du système scolaire dans son ensemble et nous ne doutons pas de votre détermination à conduire son évolution de manière positive. Nous sommes à votre entière disposition pour tout développement des quelques idées fondamentales présentées ici et resteront vigilants sur la tenue du débat qui va s'ouvrir et les termes qui le poseront.
Dans cette attente, veuillez croire, Monsieur le Ministre, en notre haute considération pour la la qualité du travail que vous comptez mener et la fonction que vous exercez, ainsi qu'en notre entier dévouement au service de l'école de la République.
Les personnels enseignants de l'IUFM de l'académie de Montpellier
Monsieur le Ministre de l'Education Nationale
Lettre ouverte à Monsieur le Ministre.
Nous l'avons attentivement lue et nous nous sommes réunis pour débattre de notre vision particulière sur le point 18 de votre lettre, traitant de la formation initiale et continue des enseignants et des personnels d'éducation, pour laquelle nous avions reçu, à la création des IUFM, mission d'en conduire une grande part.
Vous en trouverez ici les idées principales.
Une ESPE, pour quoi faire ?
Le métier d'enseignant est complexe, et perpétuellement en mouvement. Il requiert de fortes capacités d'adaptation et une solide formation, tant universitaire que didactique et pédagogique. L’École Supérieure nouvelle doit permettre le tissage de différents types de savoirs professionnels.
Pour cela elle doit être :
La qualité et la quantité des travaux entrepris en recherche en éducation doivent pouvoir être retransmis et transposés auprès des futurs praticiens. Cette transmission nécessite des personnels dont le métier est soit de produire eux-mêmes de la recherche, soit de savoir la relier avec un objectif de formation.
L'alternance entre temps de pratique encadrée, réflexion et analyse est fondamentale pour la construction de la stature professionnelle, et l'acquisition des gestes fondamentaux qui permettront une adaptation à toutes circonstances dans l'exercice. La pratique progressive est indispensable à la préparation à la responsabilité pleine et entière dans un lieu construisant la « culture commune » des personnels enseignants et d'éducation.
Tous les personnels enseignants doivent s'y côtoyer et pouvoir travailler sur des objets communs. Comme vous le signalez, faire partager aux futurs acteurs un moment commun de formation semble indispensable. Reste à définir ce « moment » et à le rendre opérant en l'incluant dans le parcours obligatoire des masters d'enseignement et d'éducation. Cela participe de la refondation de la mission de service public et de l’École de la République.
savoirs sur l'école.
Quelle formation pour l'enseignant de demain ?
Et - bien entendu - quel concours ?
Lettre ouverte des personnels enseignants de l'IUFM de l'académie de Montpellier au ministre de l'éducation nationale
Publié le : 28/06/2012