Recrutement dans les groupes 1 et 2 du CNU : le projet du MESR condamné et renvoyé sine die

Publié le : 12/04/2012


Recrutement dans les groupes 1 et 2 du CNU : le projet du MESR condamné et renvoyé sine die

En février, le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche a diffusé un projet de modifications profondes du décret 84-431 fixant les modalités de recrutement des professeurs d'université dans les disciplines juridiques, politiques, économiques et de gestion.

Invoquant un réel défaut de perspectives de promotion des maîtres de conférences dans ces disciplines (sections 1 à 6 du CNU), le ministère entendait jouer l'urgence pour concrétiser par la réglementation les propositions du rapport de F. Sudre, alors président de la CPCNU.

Alors qu'au sein des sections du CNU et plus généralement de la communauté concernée s'exprimaient la revendication d'une suppression de l'agrégation du supérieur fortement décriée et une exigence de pluralisme des approches et des écoles de pensée, le projet de décret aggravait encore le caractère dérogatoire du recrutement dans ces disciplines. Tout en maintenant l'agrégation externe pour la moitié des recrutements de professeurs d'université, il supprimait l'agrégation "interne", réservée aux maîtres de conférences pour un contingent trop limité d'emplois et sous conditions d'âge et d'ancienneté. En outre, pour les sections 1 à 6 uniquement, il transformait la procédure, dite "voie longue" (article 46-3 existant dans l'ensemble des disciplines), en une procédure dérogatoire de laquelle le CNU était écarté au profit d'un jury national nommé par le ministre.

Le SNESUP avait déjà condamné en décembre le rapiéçage que constituait un tel projet, et dénoncé cette tentative de coup de force qui n'apportait pas de solution satisfaisante aux défauts supposés justifier un tel projet. Il s'est mobilisé activement pour faire entendre l'opposition des enseignants-chercheurs à la réforme prévue.

Un courrier du cabinet du ministre adressé début avril aux présidents des sections du CNU concernées prend acte des nombreuses interrogations et protestations (organisations syndicales, CPU, représentants des disciplines ...) et de l'opposition des enseignants-chercheurs à son projet. Prétextant ne pas disposer du temps pour mener à bien la concertation approfondie que le MESR ne pouvait ignorer, le cabinet a renvoyé sine die un dossier rejeté par la communauté mobilisée.

Le SNESUP se réjouit du recul opéré devant la contestation. Il rappelle son opposition à l'agrégation du supérieur et sa demande, devant les effets nocifs du décret relatif au statut des enseignants-chercheurs de 2009 et des comités de sélection, d'une réforme profonde du système commun de recrutement de tous les enseignants-chercheurs. Le SNESUP est porteur de propositions en la matière, notamment d'instances pérennes de recrutement constituées majoritairement d'élus et compatibles avec des concours sur regroupement d'emplois selon un périmètre géographique étendu.

Paris, le 12 avril 2012

Télécharger le courrier du cabinet aux présidents des sections CNU (Adobe Acrobat 96.22 kb)