Dans les pays arabes, les peuples se sont levés contre les régimes dictatoriaux. Ils ont ouvert un vaste champ de conquêtes sociales. Mais les difficultés économiques et sociales héritées de décennies de régimes autocratiques fondés sur le népotisme et la corruption, soutenus par des États impérialistes, engendrent un désarroi dont peuvent tirer parti des extrémistes porteurs de reculs en termes de libertés publiques, de condition des femmes et d'égalité des genres.
En Tunisie, dans les universités, des avancées démocratiques importantes sont à noter depuis la chute de Ben Ali. Ainsi, les recteurs d'universités y sont aujourd'hui élus et non plus nommés par le gouvernement. Durant plusieurs mois, l'université de Manouba a fait l'objet d'attaques répétées de la part d'un nombre restreint de personnes, parfois violentes, contre les libertés des étudiantes et des collègues femmes, et mettant en danger les libertés académiques. Le SNESUP exprime son plein soutien aux collègues, aux étudiants et aux organisations syndicales mobilisés en défense de la liberté des femmes, de l'égalité des genres et des libertés universitaires. Le principe d'égalité entre hommes et femmes, expressément affirmé depuis 1956 dans la constitution et les textes législatifs, devrait être maintenu en raison du rapport de forces construit ces derniers mois par les mouvements sociaux.
Le SNESUP appelle à refonder les relations politiques, économiques et commerciales entre la France ou l'Europe et les autres régions du monde, sur des bases de solidarité et de satisfaction des besoins sociaux fondamentaux des populations. Il appelle en particulier à un développement de l'enseignement supérieur et de la recherche au plan international fondé sur les coopérations, à l'opposé de la situation actuelle où les pays les plus riches entretiennent leur domination, y compris en s'opposant au développement universitaire d'autres pays, notamment via les politiques de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, ou encore en organisant la captation d'étudiants et de diplômés.
Le SNESUP se tient aux côtés de nos collègues de la Fédération Générale de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (FGESRS) et de l'ensemble des mouvements sociaux qui se battent pour ne pas se faire voler la révolution de janvier 2011 et satisfaire l'exigence de justice sociale et de liberté. Il interviendra en faveur du développement des coopérations scientifiques entre le Tunisie et la France, et en particulier pour le droit des collègues tunisiens aux séjours universitaires en France.
Paris, le 27 mars 2012
Le SNESUP-FSU
Tunisie
Le SNESUP salue le mouvement pour les conquêtes sociales et les libertés
Tunisie. Le SNESUP salue le mouvement pour les conquêtes sociales et les libertés
Publié le : 28/03/2012