Le 31 mars 2011, jour de la signature du protocole d'accord sur les agents non-titulaires (ANT) par certaines centrales syndicales, G. Tron - secrétaire d'Etat à la fonction publique - dans une interview dans Libération a évoqué le fait que « le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux devrait s'arrêter après 2012 ». Ces propos, semant le trouble dans les rangs gouvernementaux, ont immédiatement été démentis par le ministre du Budget, réaffirmant la mesure au centre de la RGPP : « l n'y aura pas de changement de ligne. Le principe du « un sur deux » vaudra jusqu'en 2013...».
Or, le 24 avril dernier, G. Tron a dit devant le « Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI » que « dans les deux ou trois prochaines années, on peut encore réduire le nombre de fonctionnaires de l'Etat ». Plus inquiétant, « l'effort de réduction des effectifs a essentiellement porté sur l'administration centrale et déconcentrée et pas sur les opérateurs .../... donc, on peut parfaitement maintenir la règle du un sur deux et l'élargir aux opérateurs ».
Parmi les opérateurs de l'Etat, au nombre de 584, figurent « Pôle emploi », Météo France... et aussi le CNRS et les universités, en particulier celles passées aux « Responsabilités et Compétences Elargies ».
Les ravages de l'autonomie financière, le démantèlement des outils réglementaires permettant d'effectuer le recollement des répartitions et utilisations effectives de la masse salariale attribuée des établissements, le risque de gel d'emplois décidé faute de ressources financières suffisantes (non prise en compte du GVT...), les restructurations internes des établissements, la mission RGPP confiée à l'IGAENR concernant certains organismes (CNRS, INRA, INSERM, INRIA et CIRAD) et associant les universités par le biais des UMR ... font craindre un recul supplémentaire dans l'encadrement des étudiants et les capacités de recherche, mais surtout une nouvelle accélération dans le recours aux emplois précaires déjà extrêmement nombreux (23 % dans l'ESR). Elle aggraverait la précarité et la souffrance au travail.
En privilégiant l'accès au CDI dans la fonction publique par rapport à la titularisation sur des postes de fonctionnaires, G. Tron et le gouvernement conduisent une politique s'attaquant aux statuts de la fonction publique, aux garanties de son indépendance. Le choix idéologique dépasse la seule austérité budgétaire qui, dans le même temps, programme le gel du point d'indice et le recul du pouvoir d'achat des fonctionnaires. Les analyses du SNESUP qui l'ont conduit à porter le refus de signature du protocole ANT sont ainsi confirmées.
Le mouvement historique de 2009 a permis d'obtenir qu'il n'y ait pas de suppression d'emplois dans l'enseignement supérieur et la recherche en 2010 et 2011. Le SNESUP dénonce les propos tenus par le secrétaire d'Etat à la Fonction Publique qui s'opposent à la supposée priorité donnée à l'enseignement supérieur et à la recherche. Il exige du gouvernement qu'il explicite avec clarté ses visées concernant le budget 2012 dans l'enseignement supérieur et la recherche et en particulier sur les emplois. Le SNESUP refuse le processus à l'œuvre dans les organismes. Le SNESUP réitère son exigence d'un plan pluriannuel de créations d'emplois d'urgence pour rattraper le retard accumulé depuis des décennies tant pour les formations que pour la recherche. Le SNESUP prendra ses dispositions pour organiser, avec ses partenaires de l'ESR, la riposte nécessaire.
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Suppressions d'emplois : au tour des organismes, des universités ?
Communiqué SNESUP 3 mai
Publié le : 03/05/2011