Motion du CA de l'Université du Maine

Publié le : 20/12/2011


Motion du CA de l'Université du Maine votée à l'Unanimité à
l'initiative des élus Snesup-SNCS

Comme nous l'avions dénoncé lors de son adoption en 2007, la Loi
Liberté et Responsabilité des Universités (LRU) et son application via
les Responsabilités et Compétences Elargies (RCE) condamnent les
universités à gérer la pénurie et interdisent toute marge de manœuvre
contrairement aux promesses du gouvernement et de la CPU (Conférence
des Présidents d'Universités). En effet, la gestion de la masse
salariale « Etat » transférée aux universités se révèle être, à l'aune
des budgets 2011 et surtout 2012, un simple transfert de charges
déguisé.

L'Etat n'a délibérément pas pris en compte les effets de sa politique,
comme le glissement vieillesse technicité (GVT), l'augmentation des
cotisations retraite et le recul de l'âge légal de départ en retraite,
le plan Carrière (échelons accélérés pour les PR et revalorisation des
MCF débutants), l'augmentation du nombre des promotions décidée
nationalement, l'indemnité transport (...), tous éléments qui ne sont
en rien décidés localement. Ce transfert de charges se monte pour
l'Université du Maine à 1,2 millions € au titre de 2012 sur un budget
de 83 millions €. Si l'année 2011 sera probablement bouclée sans
avoir recours à un prélèvement exceptionnel dans le fond de roulement
(comme annoncé initialement par la présidence le 29 septembre 2011),
l'Université ne pourra envisager l'avenir proche qu'en puisant dans
ses réserves pour suppléer au désengagement de l'Etat, mettant en
danger son fonctionnement et hypothéquant de fait ses projets de
développement !

Cette situation, qui est celle de 4 universités sur 5 en France,
oblige soit à voter un budget en déséquilibre, ce qui pourrait
conduire soit à une mise sous tutelle rectorale, soit à adopter un
plan d'austérité avec le risque de non publication de postes ce qui
reviendrait à mettre en œuvre localement le non-remplacement des
départs en retraite et de facto à opérer des économies drastiques
concernant l'offre de formation et l'activité de recherche. Dans les
deux cas, les conséquences pour l'Université du Maine seront un gel
des emplois et une baisse considérable de la qualité du service
public. Un rapport récent du Sénat souligne et déplore cette mise en
faillite programmée des universités.

D'ores et déjà, l'Université de Nantes (30 000 étudiants et 14
millions € de déficit budgétaire) risque de passer sous tutelle
rectorale dès cette année ainsi que d'autres établissements comme
l'Université de Bretagne Sud (gel de 18 emplois), La Rochelle,
Limoges, Pau, Paris 6, ...

Le moratoire obtenu sur les suppressions de postes pour l'Enseignement
Supérieur et la Recherche grâce à la mobilisation de la communauté
universitaire au printemps 2009, au titre des années 2010 et 2011,
s'achève bel et bien, et en 2012 ce sont les universités passées
toutes à l'autonomie qui, bon gré mal gré, vont devoir appliquer la
règle d'or de la Révision Générale des Politiques Publiques : le
non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite!!!

Devant la gravité de la situation, nous exigeons du ministre de
l'enseignement supérieur et de la recherche qu'il garantisse
l'intégralité des moyens nécessaires pour le maintien et
l'amélioration :

  • des services rendus par l'Université du Maine en matière
    d'enseignement supérieur et de recherche sans réduction de l'offre de
    formation ni augmentation des frais d'inscription
  • des conditions d'emploi et de rémunérations des personnels avec
    l'intégralité des budgets correspondants aux transferts de charges, au
    financement du GVT, à l'application des mesures de revalorisation
    indemnitaire des personnels BIATOSS, au maintien de toutes les
    prestations sociales interministérielles.

 Rachid EL GUERJOUMA