Madame la Ministre, Le 7 juin 2007, à la veille de ce que vous annonciez comme « la grande réforme de l’enseignement supérieur » et de cinq chantiers -omettant celui des carrières des personnels… du statut-, vous aviez accueilli les conseillers fraichement élus et présidé cette séance plénière du CNESER. Je ne trahis pas vos propos en rappelant votre volonté affichée de revaloriser le rôle du CNESER et de vous appuyer sur les travaux des comités de suivi Licence et Master. Le 30 mai dernier, le CNESER s’est réuni dans sa formation plénière pour installer les personnels enseignants-chercheurs, enseignants et BIATOS au sein des sections disciplinaires, permanente et de la commission scientifique permanente. Cette séance aurait dû être un moment solennel. Cependant, préférant répondre à une interview sur France Inter, vous avez choisi de ne pas présider cette séance d’ouverture. Pis, qui ne connaît pas le Directeur Général de l’Enseignement supérieur et de l’Insertion Professionnelle ne pourra pas mettre un nom sur son visage. Nuls présentation ou discours liminaire n’ont daigné précéder une installation chaotique et improvisée. La dégradation des conditions de travail des conseillers, les délais outrageusement courts entre le moment où nous disposons des documents et leur examen – lorsque nous en disposons… –, le refus de voir le CNESER se saisir de questions importantes comme la formation des enseignants ou le modèle d’attribution des dotations aux établissements, ou encore la multiplication d’avis du CNESER contournés ou niés par le pouvoir en place… Les exemples ne manquent malheureusement pas pour dresser un bilan particulièrement sombre de la précédente mandature. Alors que nous nous trouvons dans une phase de recomposition du tissu universitaire sans équivalent, le CNESER s’est prononcé à de nombreuses reprises et sans aucun succès jusqu'ici pour qu’un débat général, sur la carte universitaire et l’aménagement équilibré du territoire ait lieu. Tout au contraire, l'inscription, comme premier point de l’ordre du jour du CNESER tout juste installé, du décret de création sous la forme d’un Grand Etablissement de l’Université de Lorraine (UdL) est symptomatique du rôle de chambre d'enregistrement que le CNESER s'est vu de plus en plus souvent attribuer sous votre ministère. Le coup de force de la DGSIP, imposant un vote sur le projet en l'état en préalable à tout amendement est significatif de la défiance entretenue par le gouvernement à l’égard de la démocratie universitaire. Il augure mal la possibilité d’un travail constructif auxquels nous aspirons. Les dossiers sur lesquels la communauté universitaire doit être entendue sont nombreux, ils engagent l’avenir de l’enseignement supérieur pour des prochaines années, et contiennent une part d’irréversibilité. Vous ne pouvez faire l’économie d’assurer des conditions de travail et d'écoute décentes aux membres du CNESER et leur permettre enfin d’exercer leurs missions. Veuillez agréer, Madame le Ministre, l’assurance de mes salutations les plus respectueuses.
Quatre années ont passé, où est la revalorisation promise d’un CNESER rarement entendu et souvent méprisé ?
Cette séance aurait été le cadre idéal d'un tel débat.
Stéphane TASSEL
Lettre à la Ministre concernant l'installation du CNESER
Publié le : 15/06/2011