Les dérives de la politique d'excellence à l'UDS

Publié le : 31/01/2012


Les
dérives
de
la
politique
d’excellence
à
l’UdS

Communiqué
de
l'intersyndicale
Agir
ensemble
pour
une
université
démocratique

(Le
31
janvier
2012)

Aux
yeux
des
observateurs
extérieurs,
l'Université
de
Strasbourg
(UdS)
serait
devenue
le
bon
élève
de
«
l’excellence
»,
riche
de
ses
nombreuses
réussites
dans
le
cadre
des
appels
à
projets
de
l’ANR
et
du
Grand
Emprunt.
Les
membres
de
l’intersyndicale
Agir
Ensemble
se
félicitent
de
ces
annonces
budgétaires
dont
la
mise
en
application
reste
pour
l’instant
malheureusement
anecdotique
(moins
de
2
%
des
sommes
de
l’Emprunt).
Ils
tiennent
aussi
à
relayer
les
craintes
qui
s’expriment
concernant
les
dérives
et
les
risques
induits
par
la
mise
en
œuvre
de
cette
«
politique
d’excellence
».

Celle-­?ci
présente
tout
d’abord
un
coût
étrangement
fluctuant
et
difficilement
évaluable
:
en
effet
alors
que
le
budget
de
l’UdS
est
très
contraint,
chaque
«
projet
d’excellence
»
n’est
que
partiellement
financé
par
l’ANR
et
engendre
des
coûts
indirects
très
importants
qui
sont
à
la
charge
de
l’établissement
et
vont
grever
les
financements
habituels
des
équipes.
«
L’excellence
»
n’est
d’ailleurs
souvent
réduite
qu’à
certains
secteurs
décrétés
utiles
ou
rentables
par
«
la
stratégie
nationale
de
recherche
et
d'innovation
»,
souvent
en
contradiction
avec
l’esprit
de
la
recherche
publique.
Ce
label
de
«
l’excellence
»
masque
mal
la
mise
en
place
d'une
Université
à
deux
vitesses,
tant
l'indigence
financière
en
dehors
des
périmètres
d'excellence
est
grande,
y
compris
à
l’UdS.

Cette
politique
est
également
mise
en
œuvre
sans
que
le
Conseil
d’administration
ni
les
deux
autres
conseils
centraux
(CS
et
CEVU)
n’aient
eu
à
se
prononcer
sur
les
projets,
y
compris
sur
l’IDEX.
Nous
y
voyons
une
entorse
grave
au
fonctionnement
démocratique
de
nos
instances.

Enfin
cette
«
politique
d’excellence
»
accroit
la
dépendance
de
notre
université
à
l’égard
de
structures
juridiques
de
droit
privé
et
d’aléatoires
financements
extérieurs.
Nous
nous
inquiétons
en
particulier
que
la
présidence
de
l’UdS
entende
franchir
aujourd’hui
un
nouveau
pas
dans
la
course
aux
investissements
et
à
l’excellence
avec
le
projet
d’usine-­?école
EASE,
porté
par
le
pôle
de
compétitivité
Alsace-­?BioValley,
auquel
l'UdS
est
associé,
ainsi
qu’avec
le
projet
de
transformation
de
la
Fondation
partenariale
de
l’UdS
en
Fondation
de
coopération
scientifique
(FCS).

Bien
que
de
nature
distincte,
ces
deux
projets,
soumis
au
CA
du
31
janvier
2012,
impliquent
des
engagements
financiers
importants
et
la
mise
en
place
de
structures
juridiques
de
droit
privé,
en
grande
partie
hors
du
contrôle
du
CA
de
l’université.
Ces
structures
autorisent
explicitement
l'embauche
de
personnels
sur
des
contrats
de
droit
privé,
échappant
aux
règles
communes
de
recrutement,
de
rémunération
et
de
promotion
des
personnels
de
l'Université.

L’intersyndicale
Agir
Ensemble
déplore
que
des
projets
décisifs
orientant
fortement
les
priorités
scientifiques
de
l’université
soient
méthodiquement
soustraits
à
l’influence
des
conseils
de
l’université.
Contre
la
multiplication
des
instances
de
gouvernance
parallèles,
nous
souhaitons
que
soit
réaffirmée
et
garantie
la
fonction
délibérative
du
Conseil
d’administration
ainsi
que
l’exercice
démocratique
de
son
contrôle
sur
l’ensemble
des
projets
«
d’excellence
».

Agir
Ensemble
pour
une
université
démocratique
(SNESUP-­FSU,
SNCS-­FSU,
SNASUB-­FSU,
SES-­CGT,
SNTRS-­CGT,
SNPREES-­FO)