IUT : ouvrir d’urgence une négociation

Publié le : 15/12/2010


IUT : ouvrir d'urgence une négociation

Ce jeudi 16 décembre, l'ADIUT a convoqué les directeurs d'IUT à une assemblée générale afin de se prononcer sur un projet qui remettrait gravement en cause la place des IUT au sein du service public d'enseignement supérieur et de recherche. Cette assemblée générale fait suite à l'adoption d'un texte allant dans le même sens, par les présidents d'IUT, réunis le 10 décembre par l'UNPIUT.

Dans ce qui s'apparente à une stratégie de fuite devant les dégâts causés par la loi LRU, le projet de texte, rédigé par les bureaux de l'ADIUT et de l'UNPIUT - sans concertation des personnels, des étudiants et de leurs organisations représentatives - et soumis à l'AG des directeurs d'IUT, vise rien moins qu'à faire sortir les IUT des universités en les dotant d'une organisation nationale et régionale autonome et extérieure aux universités, qui leur permettrait de se substituer à l'État dans le rôle de régulation qu'il devrait tenir.

Refusant de dénoncer la loi LRU et l'insuffisance des moyens alloués par l'État - notamment en personnels -, qui sont les raisons principales des difficultés importantes rencontrées par les IUT ces dernières années, l'ADIUT et l'UNPIUT entretiennent l'illusion qu'un développement des IUT déconnecté des universités résoudrait tous les problèmes. Création d'une agence de moyens nationale labellisant les IUT et chargée de répartir les crédits de l'État aux IUT, regroupement/fusion d'IUT pour constituer des IUT Régionaux - cédant ainsi à la mode des concentrations sous prétexte d'atteindre une plus grande visibilité et de meilleures places dans les classements -, ces propositions ADIUT-UNPIUT ne feraient qu'isoler ces formations technologiques de la recherche et rendraient plus difficiles les coopérations universitaires indispensables à la conception et à la mise en œuvre de formations permettant des poursuites d'étude au plus au niveau des titulaires du DUT. De plus, la stratégie proposée, reposant pour l'essentiel sur des choix locaux au niveau de chaque IUT, aboutirait à brève échéance à une grande disparité des situations et à un éclatement du dispositif IUT.

Par son refus d'appliquer toutes les possibilités offertes par l'article L 713-9 (ex article 33), permettant le fléchage des moyens humains et financiers, par la multiplication des « chartes de bonne conduite » et « circulaires additionnelles », le ministère porte une lourde responsabilité dans cette situation. Refusant de s'appuyer sur les instances nationales existantes, notamment le CNESER, le ministère se défausse de son rôle de régulateur sur les établissements.

Devant les dégâts provoqués, le SNESUP entend que ses propositions soient entendues.

Comme il l'affirmait déjà le 28 octobre dernier dans un communiqué, le SNESUP réaffirme que «?L'avenir des IUT est dans les universités » et rappelle ses revendications concernant les IUT et le cycle licence :
Pour permettre aux jeunes de réussir en licence et au-delà, les formations du cycle licence, technologiques ou non, doivent bénéficier d'un véritable plan de pérennisation et de développement passant par :

  • des moyens, notamment humains, correspondant aux besoins réels pour l'ensemble du cycle licence - technologique et général - avec des moyens fléchés pour les IUT conformément aux Programmes Pédagogiques Nationaux (PPN) et les IUFM, ainsi qu'un rattrapage de la dépense par étudiant en université (y compris en IUT) par rapport aux CPGE ;
  • de véritables innovations pédagogiques pour tous, en prenant en compte la diversité des publics et de leurs parcours et les conditions d'études antérieures ;
  • dans ce cadre, la voie de réussite que constitue le DUT doit s'enrichir d'une licence technologique cadrée nationalement, en partenariat avec les UFR, aux moyens et diplômes sécurisés par des instances nationales type CCN-CPN et par l'utilisation de fléchages nationaux adéquats. Cette licence technologique ne sera viable que si elle s'inscrit dans une démarche de recherche de complémentarité avec l'ensemble des formations du cycle licence.

Plutôt que de multiplier les rustines, le ministère doit ouvrir une vraie concertation avec tous les acteurs et les organisations qui les représentent, et étendre les comités de suivi à ces acteurs.

Le SNESUP appelle les personnels des IUT à se réunir avec les étudiants pour débattre de la situation, refuser le démantèlement d'un pan du service public d'enseignement supérieur et de recherche et décider des actions nécessaires : motions de conseil, interventions auprès des élus, interventions médiatiques...

Paris, le 15 décembre 2010

- ADIUT : Association des Directeurs d'IUT
- UNPIUT : Union Nationale des Présidents d'IUT