Flash n°27 (html)

Publié le : 17/11/2008

Numéro 27


17 nov 2008


Mettre en échec l'atomisation du statut des enseignants-chercheurs.

Un boycott cinglant du CTPU (*) convoqué lundi 17 novembre

La
lettre Flash au format pdf
(mise en page originale)


Les élus SNESUP (7), Autonomes (FNSAESR-CSEN) (2) et SNPREES-FO
(1) ont refusé de se prêter à la convocation précipitée
du CTPU, qui devait examiner les modifications du décret de 1984 sur
les obligations de service, les promotions, les primes, le CNU et l'accroissement
considérable du rôle des présidents d'université.
Faute de quorum, le CTPU est donc annulé. Le SNESUP regrette l'attitude
du SGEN et de l'UNSA qu'il avait souhaité associer à cette initiative.

Madame la Ministre,

Lors de la séance de ce jour, vous présentez au CTPU un projet
de décret dont les conséquences sur les statuts des enseignants-chercheurs
seraient considérables. Ce texte s’inscrit dans un plan d’ensemble
de modifications profondes présentées comme visant l’amélioration
de l’attractivité des carrières dans l’enseignement
supérieur et la recherche.

Vous avez rendu publics vos projets le 20 octobre en réservant à
la presse la primeur de cette information. Cette façon de procéder
montre une conception étonnante de la concertation, du respect minimal
envers les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche
et envers leurs organisations syndicales. Cette absence de dialogue ne se dément
pas avec la précipitation qui vous amène à présenter
à cette instance ainsi qu’au CSFPE la même semaine un texte
aussi fondamental dix neuf jours après l’avoir rendu public.

La découverte du contenu de ce texte provoque chez l’ensemble
des enseignants-chercheurs –dès qu’ils en sont informés-
stupeur et indignation.

Venant en prolongement de la loi LRU, il va beaucoup plus loin dans le
processus graduel de sortie de l’enseignement supérieur de la fonction
publique d’état. C’est à peu d’exceptions près
la totalité de la gestion des carrières des enseignants-chercheurs
qui échappe désormais au CNU, seule instance majoritairement élue,
totalement vidé de son rôle et ravalé à une instance
d’évaluation. Dans le même temps, les présidents et
directeurs d’établissement se voient confier le rôle de décision
dans la quasi-totalité des actes, sans aucun contrôle par une instance
nationale ou même locale. Carrières, promotions, primes, congés,
service : tout sera décidé envers nos collègues de façon
étroitement locale, autoritaire et opaque.

La modulation des services, disposition nodale dans ce texte, est une agression
sans précédent contre les enseignants-chercheurs. Cachant mal
l’objectif d’économie de moyens sur le dos de collègues
qu’elle vise à pressurer, cette disposition aura des effets désastreux
sur le climat dans les établissements, sur la qualité de la recherche
et de l’enseignement. Elle introduit une compétition insidieuse
entre les collègues, l’allégement des services des uns exigeant
l’alourdissement de celui d’autres, qu’on prendra soin pour
cela de culpabiliser sur leur travail de recherche. Le concept d’enseignement-punition
que véhicule ce dispositif est indigne des valeurs que doit porter l’université,
et inquiétant pour l’avenir de notre enseignement.

L’ensemble des mesures que vous avez annoncées fait prévoir
une liste de textes à venir, dont aucun ne nous est connu à cette
heure. Le présent texte, inacceptable, fait concevoir les pires inquiétudes
sur le restant du dispositif.

Nos organisations demandent le retrait de ce projet de décret, le
retour à une démarche de concertation et d’écoute
envers les personnels et leurs organisations représentatives, l’abandon
de ce dangereux processus de sortie de la fonction publique d’état.
Elles ont décidé de ne pas siéger à la séance
du CTPU convoquée ce lundi 17 novembre, afin de souligner l’extrême
gravité de la situation créée par ce plan de réforme
statutaire décidé sans les personnels et contre leur volonté.
Elles vous demandent, Madame la Ministre, de prendre la mesure des conséquences
désastreuses de ce plan sur l’ensemble du système universitaire,
de retirer ces projets et d’accepter enfin d’entrer dans une phase
de vraie concertation sur les justes réformes à adopter d’urgence.




(*) Comité Technique Paritaire des Personnels enseignants titulaires
et stagiaires de statut Universitaire

Signez en nombre et faites signer autour de vous pour mettre
en échec l’explosion de nos statuts

Appel intersyndical et associatif

(SNESUP-FSU, SNCS-FSU, SNEP-FSU, SNPREES-FO, SNTRS-CGT, SLR, SLU, SUD-Education)

http://www.recherche-enseignement-superieur.fr



* * *

Des dizaines de CA d'universités pour l'abandon du projet masterisation/concours
en l'état : Paris 1, 3, 4, 5, 6, 7 Marne-la Vallée, Paris 8, 10,
11, 12, 13, Aix-Marseille 1, Bordeaux 3, Pau, Caen, Dijon, Littoral, Nancy 2,
Le Mans, Angers, Lyon 2, Orléans, Tours, Poitiers, Rennes 2, Brest, Le
Havre, Rouen, Strasbourg 1, Toulouse 2, La Réunion....

Un nouvel appel électronique indispensable à
signer sans attendre !

"L'ÉDUCATION NATIONALE EN DANGER : POUR UNE VRAIE FORMATION DES
ENSEIGNANTS"

http://appeldu8novembre.fr

style='color:red'>syndicat national de l'enseignement supérieur 78, rue
du faubourg saint-denis 75010 Paris Tél. : 0144799610 Fax :
0142462656 Courriel : [email protected]
Site web : www.snesup.fr


Cette lettre-flash du SNESUP-FSU, envoyée aux syndiqués
(fichier
pdf avec mise en page originale
), peut être diffusée sans réserves dans
les départements d'enseignement et laboratoires, comme les lettres flash à venir,
de façon à maintenir le lien fort entre la communauté scientifique et les représentants
syndicaux présents et acteurs des négociations. Lien nécessaire pour nous faire
entendre. Utiliser tous les moyens, courrier électronique, diffusion papier,
? et faire part d'observations sur tous les contenus et les formes de la négociation
à : [email protected]