Des immigrés stigmatisés jusque dans les universités

Publié le : 11/10/2011


Des immigrés stigmatisés jusque dans les universités

Laurent Wauquiez convoque demain matin une réunion portant sur "l'accès à l'emploi des étudiants étrangers" suivie d'un point de presse. En effet, devant la contestation produite par la circulaire du 31 mai, le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, tout en restant solidaire de la politique du gouvernement en matière d'immigration, manoeuvre en recul et tente de minimiser l'ampleur du problème posé par ce texte.

Le 31 mai dernier, les ministères du travail et de l'intérieur ont publié une circulaire restreignant les possibilités pour les diplômés étrangers de rester en France à l'issue de leur cursus en vue d'acquérir une première expérience professionnelle. Non content de stigmatiser les étrangers sur le sol français et de multiplier les cas d'étudiants mis dans l'illégalité et dont les études sont ainsi compromises, le gouvernement a décidé de fermer les portes de l'emploi à de jeunes diplômés de l'enseignement supérieur. A cette circulaire est venu s'ajouter le décret du 6 septembre 2011 qui durcit les conditions de ressources exigées des étudiants étrangers pour suivre des études en France.

Actuellement près de 280 000 étudiants étrangers étudient en France, une telle politique discriminatoire aux relents xénophobes et électoralistes est intolérable et est en totale rupture avec la tradition humaniste de l'enseignement supérieur. Ainsi, des étudiants, en attente de soutenance de thèse dans les mois qui viennent, se retrouvent sans possibilité de se réinscrire, sans papiers et sans ressources, et se heurtent à des refus de régularisation préfectoraux (91).

Le SNESUP demande le retrait de la circulaire du 31 mai et l'abrogation du décret relevant le niveau des conditions de ressources exigées des étudiants souhaitant suivre des études en France et exige que, dans l'immédiat, ces textes ne fassent l'objet d'aucune application.