Communiqué de la Conférence des Directeurs et Doyens de Lettres, Langues, Arts, Sciences Humaines et Sociales (CDUL) sur la formation des enseignants

Publié le : 01/03/2011


Communiqué de la Conférence des Directeurs et Doyens de Lettres, Langues, Arts, Sciences Humaines et Sociales (CDUL)


Réunie dans le cadre des journées d'études de Marseille les 4 et 5 février 2011, la Conférence des Doyens et Directeurs d'UFR Lettres, Langues, Arts, Sciences humaines et sociales a poursuivi les observations et analyses engagées sur la question de la réforme des concours de recrutement des maîtres et la mastérisation des formations aux métiers de l'éducation et de la formation.

1. La mise en œuvre de la réforme a montré combien les craintes exprimées à plusieurs reprises étaient fondées. Les comptes rendus de situations ont mis en évidence tout particulièrement les fortes contraintes imposées aux étudiants : formations lourdes aux objectifs multiples et complexes, calendrier des épreuves de concours au positionnement inadapté, demandes de stages non satisfaites, limitation des aides spécifiques, difficultés dans l'accompagnement des étudiants stagiaires... contraintes auxquelles vont s'ajouter les exigences de certifications en informatique et en langues (sans analyse des besoins associés en formation associés), les difficultés que pourront rencontrer les reçus aux masters métiers de l'enseignement qui seront collés aux concours .

2 Reprenant le rapport de la commission Filâtre (à laquelle elle avait participé), elle réaffirme que les conclusions de ce groupe « inter-conférences universitaires » constituent un apport de qualité pour une réforme ambitieuse, les propositions ayant obtenu la reconnaissance de l'ensemble de la communauté universitaire (cf. rapport du 17 juillet 2009).
3. Dans la continuité des déclarations de la CDUL de septembre 2009 et mars 2010, et dans le prolongement de la déclaration commune CDUL, CDUS, CDIUFM d'octobre 2010, la CDUL rappelle la nécessité d'un cadrage national sur la base de référentiels de formation établis pour chaque métier et discipline, cadrage qui garantisse l'équité et la cohérence nationale et sociale des recrutements.

4. Elle demande un nouveau calendrier d'épreuves, adapté avec un positionnement des épreuves d'admissibilité et d'admission respectant l'équilibre et la cohérence des masters, insistant sur la nécessaire association entre la dimension scientifique effective et l'expériences de terrain, tout au long de la formation. C'est pourquoi la CDUL demande une nouvelle fois que l'admissibilité au CAPES soit fixée en fin de M1 et l'admission en fin de M2.

5. Pour la CDUL, l'articulation entre formation et concours doit exclure toute possibilité de dérive dans le sens d'une précarisation des enseignants ou d'une dérégulation des recrutements.

6. La CDUL revendique à nouveau le principe suivant : que l'année d'entrée dans le métier suivant le recrutement, soit conçue sur le mode de l'alternance entre pratique professionnelle au sens strict et formation continuée, avec l'intégration d'une véritable dimension réflexive sur les pratiques, une alternance fondée sur un temps égal consacré à l'une et à l'autre.

Au travers des différents points évoqués, les membres de la CDUL tiennent à rappeler combien la formation des futurs enseignants - à l'enjeu national - doit prendre en considération les expériences et analyses des structures universitaires directement impliquées, à savoir les composantes UFR et IUFM mais aussi s'appuyer sur la conduite d'un travail de réflexion de tous les acteurs de la formation, une vraie concertation étant la condition pour espérer réussir une réforme.


Yves JEAN,
Président CDUL