Paris, le 25 septembre 2017
Les projets d'excellence universitaire qui fleurissent et se succèdent depuis une dizaine d'années ont un point commun : ils relèvent tous de la politique du mépris parfaitement synthétisée par Emmanuel Macron lors de son discours du 29 juin à la gare d'Austerlitz : cette politique vise à faire le tri entre « ceux qui ont réussi et ceux qui ne sont rien ».
Le dernier exemple en date de cette politique se situe à Paris-Sud où, en vue d'une nouvelle course à l'échalote pour « élite » universitaire (IDEX et Classement de Shanghai), dans le cadre du très coûteux projet « d'excellence » Paris-Saclay revu et corrigé pour la n-ième fois, il est désormais proposé une scission de l'université Paris-Sud : certaines licences (« professionnalisantes ») et autres formations non sélectives, ainsi que les IUT et la formation Villebon-Charpak seraient regroupés dans un « collège universitaire Paris-Saclay » d'un côté, et les laboratoires, doubles licences, Masters et Doctorats rassemblés avec les écoles de l'autre, pour former « l'université de recherche intensive » Paris-Saclay.
Avec le collège universitaire Paris-Saclay, c'est donc la création d'un deuxième établissement (dérogatoire au statut d'université) qui est proposée (pour « ceux qui ne sont rien » ?). Il serait indépendant, y compris dans ses diplômes, de la « grande université » Paris-Saclay, laquelle se réserverait le droit de « maîtriser » ses recrutements d’étudiant.e.s (« ceux qui ont réussi » ?). N'en doutons pas, ce tri s'effectuerait rapidement aussi entre les personnels enseignant.e.s-chercheur.e.s, enseignant.e.s et BIATSS : en effet, les « parties » de l'université « d'excellence » n'y seront pas en collaboration mais en « concurrence » dans le cadre d'une recherche en « mode projet » et avec une organisation en amélioration permanente grâce à une « démarche qualité »… Or, nous le savons désormais : plus on recherche l'excellence, plus il faut exclure pour l'atteindre !
Le SNESUP-FSU dénonce avec la plus grande vigueur ces projets délétères pour le service public de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ainsi que pour les conditions de travail et d'études de toutes celles et tous ceux qui « ne sont rien ». Il condamne le renforcement de la sélection sociale dans l'accès aux études supérieures ainsi induit, voire visé. Il sera partie prenante de la mobilisation des personnels, et invite les collègues et les étudiant.e.s à signer et faire signer massivement la pétition lancée par l'intersyndicale de Paris-Sud.
https://www.change.org/p/non-au-projet-de-démantèlement-de-l-université-paris-sud
Il interpelle la ministre de l'Enseignement supérieur pour lui demander de mettre fin à ces processus de démembrement universitaire qui, sous couvert d'excellence auto-proclamée, portent atteinte à la démocratie universitaire, à l’intégrité des établissements et à la conception que nous revendiquons d'un service public ouvert à toutes et tous, au service de l'intérêt général.