Seront soumis au CSE le 10 décembre les projets de texte modifiant la réglementation concernant l'organisation et le fonctionnement des Etablissements Publics Locaux d'Enseignement (collèges et lycées), ainsi que les enseignements de la voie générale du lycée. Le projet concernant les enseignements de la voie technologique au-delà de la classe de seconde ne sera présenté que dans un second temps (avec néanmoins le même calendrier d'application) et l'articulation avec la voie professionnelle (dont la réforme très largement contestée s'applique déjà) est totalement absente. Ce passage en force se prépare au moment où des milliers de suppressions d'emplois sont confirmées au budget 2010 dans l'ensemble de l'enseignement de premier et second degrés et où la formation des enseignants est gravement menacée.
Cette réforme s'inscrit dans la logique des choix qui ont présidé à la loi LRU dans l'enseignement supérieur. Elle vise à concentrer des pouvoirs entre les mains des seuls chefs d'établissements. Ils auront toute latitude concernant un conseil pédagogique qu'ils auront entièrement nommé « parmi les personnes volontaires au sein des équipes pédagogiques ». Ces conseils exerceraient des compétences élargies, notamment sur l'organisation des enseignements, l'accompagnement personnalisé, les réorientations - y compris en cours d'année en terminale-, la « notation et l'évaluation des activités scolaires »... Ainsi cadrées par un conseil soumis au chef d'établissement, les libertés pédagogiques des enseignants seraient ainsi mises en péril. La répartition de la dotation horaire globale pourrait même relever in fine du seul chef d'établissement. A l'intérieur de cette dotation, la montant de la partie destinée aux enseignements en groupes à effectif réduit, faisant encore actuellement l'objet d'un cadrage national par discipline, serait globalisée au niveau de l'établissement et sa répartition serait entièrement du ressort de celui-ci. De la même manière, c'est au niveau de l'établissement que devrait être arbitrée la répartition des horaires entre la première et la seconde langue vivante. Associé à la suppression de la carte scolaire, ce projet exacerberait la concurrence entre les établissements, et creuserait les inégalités entre eux.
En classe de seconde, l'organisation des enseignements au lycée s'organiserait autour d'un fort tronc commun à la filière générale et à la filière technologique d'une durée totale de 23 heures 30 soit 80% du total de l'horaire-élève pour « permettre une véritable détermination des élèves dans une perspective de choix d'une série de première ». Par ailleurs, c'est au détriment de certaines disciplines, voire en les dénaturant que l'on introduit l'accompagnement personnalisé (2 h hebdomadaire). Cette conception du lycée est à rapprocher de la licence non spécialisée, « propédeutique », que veut imposer le Ministère dans les nouvelles campagnes d'habilitation.... Les communautés scientifiques s'y opposent fortement, notamment avec la suppression annoncée de l'enseignement de l'histoire-géographie pour tous en terminale S, alors que cet enseignement est constitutif de la formation critique du futur citoyen. Par ailleurs, sont introduites des « innovations » comme l'extension des possibilités d'enseignement des disciplines « dans une langue vivante étrangère » - dispositif actuellement limité aux seules sections européennes ou internationales - qui s'apparentent plus à des opérations visant à distinguer des « filières d'excellence » qu'à de réelles innovations pédagogiques. Alors que la formation et l'accompagnement des lycéens sont essentiels pour l'accès et la réussite dans l'enseignement supérieur, c'est le contraire qui se prépare. Le SNESUP, avec la FSU et ses syndicats, demande au ministre de l'Education Nationale de ne pas présenter cet ensemble de textes au CSE du 10 décembre et de reprendre les discussions sur d'autres bases. C'est l'avenir des jeunes qui en dépend.
Paris, le 8 décembre 2009
A Mesdames et Messieurs les Journalistes
Après les universités, les lycées : LRU bis, le gouvernement poursuit ses attaques.
Après les universités, les lycées : LRU bis, le gouvernement poursuit ses attaques.
Publié le : 08/12/2009